Voie du Puy 2016 jusqu’à Aubrac: première partie

Facebooktwittergoogle_plus

Me voici de retour de mon escapade sur la voie du Puy! Mes vacances et l’estive du blog sont finies, cette rentrée tourbillonne déjà de choses à faire… Même si tout cela est passionnant, pourquoi ne pas prolonger un peu le Chemin?

Mon voyage prévu du Puy à Figeac s’est finalement arrêté à Aubrac. Et ce n’est pas la seule surprise de cet itinéraire 2016! Tout de suite, partage de la première partie de ce mini-Camino sur la voie du Puy!

 

Itinéraire prévu, itinéraire réalisé

Départ progressif sur la voie du Puy    ~    Premier jour d’enfer jusqu’à Montbonnet    ~    Coups durs avant Saint-Privat-d’Allier    ~    Longue journée vers Saugues    ~    Heureuse visite jusqu’au Villeret d’Apcher

Coquille coccinelle voie du puy 2016

 

Itinéraire prévu, itinéraire réalisé

Cette année, mon itinéraire sur la voie du Puy devait aller jusqu’à Figeac. Jacques avait de toute évidence une autre idée en tête, car les choses ne se sont pas passées comme prévues et je me suis arrêtée à Aubrac. J’ai donc marché la partie trait plein et roulé (en mini-bus) la partie en pointillés.

2016 - Itineraire prevu

 

Cet article porte sur la première partie de l’itinéraire réalisé (en rouge): je raconte mes aventures (et mésaventures!) du Puy jusqu’au Villeret. Bonne lecture et Buen Camino!

2016 - Itineraire Article P1

 

Départ progressif sur la voie du Puy

Lundi 1er août

Date symbolique choisie pour mon départ, tout aussi valable qu’une autre. Jusqu’à ce que la masse de détails à régler avant de partir n’en décide autrement. Pour éviter le stress et la course, mon Chemin commencera donc par un report du départ au jour suivant. Ce petit décalage m’aide entre autres choses à laisser le blog dans un état acceptable avant de partir et à boucler mon sac tranquillement. Mais peut-être est-ce déjà là un indice du ton du voyage à venir?

Mardi 2 août

Arriver en train au Puy... tout un voyage dans le voyage

Mon train est à 11h30 et tout va bien. J’apporte ma touche personnelle à mes préparatifs, c’est-à-dire en ajoutant des éléments à mon sac jusqu’à ce que je passe la porte. Je m’en vais vers la gare et réalise que je suis tout de même un peu juste (autre grand classique personnel de mes départs). Je me hâte, stresse sur la machine à ticket qui ne coopère pas et atteint enfin le quai… où je remarque que le train est annoncé avec 20 minutes de retard. Bref… il ne me reste plus qu’à attendre. Au bout de 45 minutes (sans commentaire!), le train arrive et m’amène à Lyon, où j’ai bien sûr manqué la correspondance directe pour le Puy. Bref… il ne me reste plus qu’à prendre un autre train et à attendre 2h entre les correspondances à St-Etienne. Je m’accommode finalement d’une arrivée tardive.

Personne? Je m'étale!Bien sûr, la plupart des gîtes sont complets. L’auberge de jeunesse m’oriente vers un camping avant de me trouver un lit dans une chambre normalement réservée pour un groupe. Une fois installée, je pars profiter de la soirée. Pot des pèlerins au Camino, (re)visite de la cathédrale, promenade dans la ville et discussions dans la cuisine. Moments agréables et paisibles! Je passe finalement une nuit très agréable à l’auberge, d’autant plus que personne n’est jamais venu occuper les 6 autres lits de la chambre. Après avoir manqué de me faire refouler, je profite de la place, du luxe d’éteindre la lumière à mon aise et de passer la nuit sans ronflements! Merci à ce groupe pour son incivilité! (sarcasme)

Mercredi 3 août

C’est parti! Réveil sans réveil, sac sur le dos, je fonce à la messe des pèlerins. J’apprécie ce rituel de départ. C’est un moment agréable et accessible à tous, qui prend du sens par-delà des croyances de chacun. Après une bénédiction enjouée, je pioche une intention de prière, en laisse à mon tour et récupère le tampon de la cathédrale. Le soleil est au rendez-vous, l’air sent bon la liberté. Chemin, me voilà!

  Cathédrale du Puy  La Vierge noire du Puy

  Saint Jacques de la cathédrale du Puy  Départ du Puy

Premier jour d’enfer jusqu’à Montbonnet

Rue des capucins au PuyJe m’arrête bien vite dans mon élan. J’achète mon pique-nique au marché et m’attable pour un thé. Les pèlerins passent d’un pas encore alerte et vif: ils sont encore tous frais! Je me (re)lance à mon tour: au programme immédiat, la sortie du Puy par la rue des Capucins. Ça grimpe! Une première évidence s’impose, ma condition physique n’est vraiment pas au top! Je prends mon temps pour arriver sur les hauteurs car si j’ai bien appris une chose lors de mes Chemins précédents, c’est qu’un précipitation excessive ne sert à rien.

Voie du Puy - 1517kmRaphaël sera ma première rencontre en route, brève mais très sympathique! Je reste bien vite en arrière avec mon souffle court… Amy de Seattle prend son relais quelques kilomètres plus tard. C’est une récidiviste du Chemin qui tente cette fois la voie du Puy. Nous nous entendons bien et passons le reste de la journée ensemble. Merci à toi qui a largement allégé mon calvaire! Car mon expérience de pèlerine aguerrie n’y fait rien: je me traîne, souffle, m’arrête et halète lourdement. Le message est clair, j’aurais vraiment dû entretenir ma forme depuis mon dernier pèlerinage! Je me paye également le luxe d’un coup de soleil carabiné qui m’oblige à changer de haut…

Malgré une marche difficile, je prends mon temps et passe d’agréables moments avec Amy. Pauses régulières, visites, discussions de pèlerines confirmées, rencontres insolites… Le Chemin est fidèle à lui-même. La journée passe l’air de rien jusqu’à la chapelle St Roch à l’entrée de Montbonnet. L’endroit est idéal pour une pause prolongée. Amy continue sa route vers un des gîtes du village tandis que je me laisse tomber sans m’en rendre compte dans une sieste réparatrice. A mon réveil, je reconsidère sérieusement mon idée d’atteindre St-Privat-d’Allier. Il est déjà tard et au vu des kilomètres restants, de mon rythme et de ma forme, j’estime cet objectif peu raisonnable. Qu’à cela ne tienne, je décide de m’arrêter moi aussi à Montbonnet! Les 500 mètres suivants me donnent raison: mon corps me signale clairement qu’il a eu sa dose pour la journée.

Tarp vachesCette première soirée en Chemin sera calme et tranquille. Je plante mon tarp dans le jardin du gîte et je regarde passer les vaches qui rentrent à l’étable. Je prends ma douche et je réalise que je ressemble à une écrevisse bouillie. Ma peau n’est ni rosée ni rouge, mais ROUGE! Je prends soin de mes brûlures et de mes pieds et m’endors sans demander mon reste.

 

Podiensis - gorges Dolaison

 Podiensis - La Roche - donativo  Podiensis - SCsDolaison eglise

 Podiensis - Arbre SJ cest par la  Podiensis - chemin 1

 

Coups durs avant Saint-Privat-d’Allier

Jeudi 4 août

2016 - Erreur MontbonnetComme souvent sur le Chemin, je me lève fraîche comme un gardon. A part mon coup de soleil, tout va bien. Je couvre chaque centimètre de peau rouge et je prends la route d’un pas léger. Je marche gaiement, surprise de ne pas reconnaître le paysage de mon dernier passage. Au bout de presque 1h, je confirme que je ne suis pas sur la bonne voie. Au lieu de suivre le Chemin (en bleu), j’ai suivi le GR de la variante de Bains à contresens (en rouge et orange)… En d’autres termes, je reviens vers le Puy. Catastrophe! Je n’ai plus qu’à faire demi-tour… 2h et 8km (en rouge) pour finalement me retrouver à mon point de départ.


Mon moral en prend un coup et j’en perds mon entrain.
J’essaye de profiter du Chemin, mais mes pensées sont plutôt sombres et mon corps me rappelle que tout cet exercice le fatigue grandement. Je suis dans une spirale descendante et je me débats pour en sortir… sans grand succès. Je me laisse finalement tomber dans un sentier et j’use d’une de mes mesures anti-crise favorite. Je laisse sortir mes sentiments négatifs en versant une larme (ou même plusieurs). Une fois que le malaise est sorti, ça va tout de même mieux! Je reprends la route de plus belle et avance jusqu’à la prochaine crise.

2016 - GibierLe Chemin me renvoie sans pitié à mes propres ombres, ce qui me replonge dans une dynamique plutôt morne et sombre. J’alterne 1/4h de marche avec une pause larmoyante. J’ai le moral au fond des chaussettes mais au-delà de ça, je me retrouve dans une situation vraiment inédite pour moi: je n’ai aucun plaisir à être sur le Chemin et je n’y trouve aucun sens. La beauté des paysages et les rencontres sauvages parviennent à peine à alléger mon cœur… J’envisage d’arrêter et de rentrer dès la prochaine étape. Comme il me reste une distance intolérable avant d’y arriver, je sors alors de nouvelles mesures anti-crises: un appel à un proche et une sieste.

Une fois réveillée, le gros de la dépression est passée et je décide de m’arrêter à St-Privat-d’Allier. Avec mes 8km d’erreur, ça fera une journée largement acceptable. Je décide également que je m’informerai sur les retours vers Le Puy et que je prendrai une décision finale le lendemain matin. Je continue sans enthousiasme et en me traînant. Une fois arrivée, je rentre dans le premier gîte et m’endors assise sur mon lit alors que je sortais mes affaires. La fin de journée finalement prend une allure plus sympathique. Quelques courses, visite du village, discussion avec les voisins du dortoir et coucher avec les poules. L’idée d’arrêter le Chemin m’a quittée, je m’endors dans la perspective de continuer à marcher le lendemain.

SPdAllier - Arrivee

 Podiensis - Foret Montbonnet  Podiensis - descente SPdAllier  SPdAllier - Vitrail eglise

Longue journée vers Saugues

Vendredi 5 août

Podiensis - Rochegude - vitrail chapelleEncore une fois, la nuit fait des miracles: je me réveille l’esprit bien disposée. Je prends mon temps et mon corps semble disposé à marcher sans protester. C’est un départ très agréable. Il a plu toute la nuit, l’air est frais et les montagnes baignent dans la brume. La luminosité donne aux paysage un éclat à la fois magnifique et mystérieux. Cela reflétera mon état d’esprit de la journée: clair et calme, contemplatif et tourné vers l’intérieur.

2016 - Pause moutonsJ’hésite à passer par Rochegude car la pluie a peut-être rendue la descente qui suit dangereuse. Malgré tout ce qui m’est déjà arrivé, je tente finalement ma chance. Je fais des rencontres sympathiques et visite tranquillement le lieu avant plonger vers Monistrol. Heureusement, la terre n’est pas glissante. La difficulté de la descente se limite à son degré d’inclinaison et à sa longueur. J’avance doucement et je fais des pauses, mais je suis contente d’arriver en bas. Je dépasse encore Pratclaux avant que mes pieds n’exigent une pause, en compagnie de moutons.

Je repars ensuite de plus belle vers Monistol. La descente est encore raide et longue, mais cette fois sur la route. Toujours lentement mais sûrement, pour ménager les articulations. Une grande pause récompense l’arrivée dans le creux de la gorge. Café glacé pour tout le monde! Comment ça, personne n’en veut? Il est midi, je n’ai pas faim… A la place, petite visite du village avant d’attaquer la remontée sur le versant d’en face. Lentement mais sûrement, pour des raisons de souffle cette fois.

Podiensis - Monistrol - remontee chapelleJe remonte ainsi vers la chapelle de la Madeleine et le plateau de la Margeride… D’un lacet à l’autre, je m’étonne de m’élever si vite alors que j’avance si lentement! Je cumule les pauses et célèbre l’arrivée au sommet par un goûter et un coup de fil, accoudée au point d’eau. De bonnes nouvelles à venir, promesse de compagnie pour le soir même! Les 8km sur le plateau vers Saugues semblent passer tous seuls. J’avance et je mesure toutefois le temps qui passe à mesure que le soleil décline… La dernière ligne droite avant d’apercevoir la ville me paraît par contre vraiment interminable!

C’est avec soulagement que je me retrouve tout à coup à dominer Saugues. La nuit tombe doucement alors que je pars en quête de lits. Mon compagnon me rejoint ce soir et marchera avec moi le lendemain. C’est la meilleure surprise du jour! Car un fois l’hébergement assuré, j’en ai une nouvelle: une énorme ampoule au pied. Elle ne me faisait pas vraiment mal jusque là, mais je ne peux pas la laisser telle quelle: j’opère! Je m’endors avec le pressentiment que cette ampoule n’a pas fini de me poser problème…

(Pour des raisons de bienséance, aucune photo de cette ampoule n’est proposée ici. Mes excuses les plus sincères aux lecteurs les plus curieux…)

Podiensis - Rochegude - point de vue

  Podiensis - SPdAllier - contemplation  Podiensis - Monistrol - Madeleine

   Podiensis - Rochegude - descente  Podiensis - Monistrol - pont Eiffel  Podiensis - Saugues - arrivee

 

De la visite jusqu’au Villeret d’Apcher

Samedi 6 août

Podiensis - Saugues - panneau halteCette journée commence comme toutes les autres, mais la matinée devient rapidement insolite pour un pèlerin. Mon compagnon m’ayant rejoint en voiture, nous partons du gîte avec elle pour faire des courses. Nous rendons également visite à Jeanine, la maman du Chemin. Puis nous allons petit-déjeuner dans un salon de thé en attendant que l’office du tourisme ouvre. Enfin, nous visitons une expo photo et le musée de la bête du Gévaudan avant d’aller garer la voiture et de partir à pied sur le Chemin peu avant midi.

2016 - journee difficileJe sentais déjà au saut du lit que mon ampoule serait un problème et les premières centaines de mètres le confirment. Je ne peux pas poser le pied par terre normalement. Après un examen rapide de la situation, il apparaît qu’il me faudra faire avec… Nous continuons avec une lenteur telle que les escargots nous dépassent, mais nous avançons tout de même à chaque pas. Je traîne douloureusement la patte en m’appuyant lourdement sur mes bâtons tandis que mon compagnon marche littéralement au ralenti. Encore une journée difficile pour moi, qui aurait été pire encore sans la présence de mon cher et tendre à mes côtés.

Je me désole de lui gâcher son unique jour de marche tandis qu’il m’assure qu’il apprécie la promenade. Je peine et crise, il m’encourage et m’apaise. Je rend ici hommage à sa patience et sa bonne humeur sans égale! Merci!

Après 6 heures de marche laborieuses pour 10 énormes kilomètres, nous atteignons le Villeret d’Apcher et notre gîte avec bonheur. A peine le temps de poser nos affaires et de nous décrasser que le repas est servi. La soirée est animée et agréable, nos hôtes charmants et attentionnés. Je m’endors ce soir-là avec un sentiment mitigé sur cette journée, partagée entre douleur d’avancer et joie de marcher avec mon compagnon.

  Podiensis - Margeride - bienvenue  Podiensis - Margeride vers Le Villeret

  2016 - Saugues - Jeanine  Podiensis - Saugue - statue sortie  2016 - La Clauze

 

La suite du récit, du Villeret jusqu’à Aubrac et même Figeac, c’est par ici!

 

Facebooktwittergoogle_plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.